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jeudi 18 septembre 2025

Black Blocs, cest gentils méchants que l'état utilise comme service public

Alors, c'est l'heure du grand ménage médiatique, mes petits agneaux ? Accrochez vos ceintures, c'est du lourd. Chez LCI, le canal historique des gens bien nés qui s'ennuient un dimanche après-midi, on nous explique doctement que les black blocs sont en réalité de charmants jeunes gens de bonne famille venus faire un peu de jogging urbain. On imagine le tableau : « Chéri, je vais casser une vitrine de banque, je serai de retour pour le thé ! » Le journaliste, probablement en costard-cravate et médaillé du mérite, précise bien à 13h pile, entre deux publicités pour une voiture allemande, que ce ne sont « pas des casseurs ». Non, non. Ce sont des athlètes de haut niveau, spécialistes du lancer de pavé et du 100 mètres haies sur barricade.


Mais attendez, le meilleur est à venir. Toujours selon ces grands philosophes du PAF, ces mêmes sportifs émérites se mettraient ensuite en civil pour « mieux s'intégrer » dans la manifestation. Génial ! Une stratégie d'infiltration d'une redoutable complexité. On dirait le scénario d'un film d'espionnage de troisième zone. « Mission : se fondre dans la masse des manifestants pacifiques en enlevant sa cagoule. » Du grand art.

Changez de chaîne, et hop, chez CNews, on vous explique que ces mêmes gymnastes sont en réalité des terroristes. De bonne famille, certes, mais terroristes quand même. Des terroristes qui sentent bon le sable doux et le compte en banque bien garni. Des poseurs de bombes qui retournent ensuite en cours de droit Assas. La schizophrénie médiatique n'est pas une maladie, c'est un mode de gouvernance.

Et bien sûr, comment ne pas pleurer devant le drame absolu : sur BFMTV, l'animateur-télé en costume qui couvre la manif a été touché. Scandale ! Outrage ! Le peuple est décidément une horde de barbares ingrats. Comment ose-t-on s'en prendre à ces héros modernes qui risquent leur vie... à nous raconter des conneries en direct ? On attend le défilé hommage place de la Concorde. Sauf que, spoiler alert, on finira probablement par découvrir que ce blessé de guerre a été touché par un tir de LBD ami, comme la bombe lacrymogène qui a mis le feu à un immeuble le 10 septembre. Mais chut, il ne faut pas dire ça. C'est un détail.

Bref, vous ne voyez toujours pas le pattern ? Moi si. Les black blocs, ça pue le coup monté depuis des décennies. Ce ne sont pas des rageux des cités, non non. C'est bien trop organisé pour ça. C'est du travail d'orfèvre. C'est l'État qui, ne sachant plus comment discréditer une colère populaire, sort sa vieille recette : envoyer ses casseurs maison pour tout péter et bien montrer à Madame Michu devant son écran que « ces gens sont des sauvages ».

La preuve ? À l'époque des gilets jaunes, une contre-manif étudiante bien propre sur elle était organisée sur une avenue. Devinez où étaient les black blocs ? Absents. Trop occupés à casser du prolo dans la vraie manif. Les médias, tous bords confondus, ont donc pu faire leur petit marché : montrer d'un côté les gentils étudiants policés, et de l'autre les gilets jaunes dégueulasses accompagnés de leurs casseurs. Bingo.

Les black blocs ne sont pas une rebellion. C'est un service public. Un outil de communication du pouvoir pour diviser, criminaliser et avoir le dernier mot. Mais continuez à regarder vos écrans, hein. C'est plus simple.

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