Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, joue les prophètes de malheur et annonce fièrement que des centaines, voire des milliers de radicaux, comptent s’infiltrer dans le cortège pour casser des vitrines et trois abribus. Le ministre de l’Intérieur, lui, met en garde contre la « convergence des violents », ce qui sonne vaguement comme le titre raté d’un film Marvel.
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| Des membres de la CFDT manifestent à Valenciennes, dans le nord de la France, le 18 septembre 2025. FRANCOIS LO PRESTI / AFP |
Alors, pour conjurer l’apocalypse, l’État sort la grosse artillerie. 33 escadrons de gendarmerie mobile, soit 2 400 militaires prêts à courir derrière des black blocs qui ont acheté leurs baskets en solde. 35 000 gendarmes départementaux pour surveiller les villages où personne ne manifeste, et 1 700 réservistes qui espéraient plutôt passer un week-end tranquille. Et cerise sur le casque : 24 « centaures » blindés, parce que quand on n’a pas d’idées politiques, on a toujours des jouets de guerre.
À Paris, c’est carnaval militaire : une quarantaine de sections de la DOPC déployées, soit deux fois plus que pour le 1er mai 2023. L’objectif est clair : intraitable, inflexible, intransigeant. Bref, les CRS sont invités à se prendre pour des héros antiques face à… des pancartes en carton.
Et pendant que la capitale se barricade, les bourgeois serrent les dents comme si Coppola allait débarquer avec ses hélicoptères sur la place de la République. La peur, c’est vendeur. L’angoisse, c’est rassurant. Et au fond, personne ne veut se rappeler qu’à l’époque des Gilets jaunes, le préfet Lallement — au nom déjà prédestiné — avait confié qu’en cas de poursuite du mouvement, il aurait envisagé de tirer à balles réelles. Voilà qui amène une question plus simple, mais autrement plus dérangeante : dans cette grande pièce de théâtre, qui protège vraiment le peuple qui est en colère et qui crie dans la rue ?

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