On dit souvent que « la petite bête ne mange pas la grosse ». Sympa comme proverbe, mais quand il s’agit d’hygiène alimentaire, autant rester prudent.
Car
oui, même une mouche posée deux secondes sur votre assiette peut
transformer votre repas en cocktail bactérien pas très glamour.
Des
chercheurs des universités de Pennsylvanie, de Nanyang (Singapour) et
de Rio de Janeiro ont voulu savoir ce que cachent vraiment ces petits
insectes volants. Résultat, publié dans la revue Scientific Reports :
les mouches sont de véritables avions cargos à microbes. En analysant
116 mouches capturées sur trois continents, les scientifiques ont
découvert que ces insectes transportent une quantité de bactéries bien
supérieure à ce que l’on imaginait. Bref, ce ne sont pas juste des
invités gênants : ce sont de vraies bombes biologiques miniatures.
Et
leur terrain de jeu préféré ne laisse aucun doute : carcasses en
décomposition, excréments, déchets… C’est là qu’elles mangent, se
reproduisent et pondent leurs œufs. Résultat : leurs ailes et leurs
pattes deviennent des hubs internationaux pour les microbes. Comme
l’explique Stephan Schuster, chercheur à l’université Nanyang, « les
bactéries utilisent les mouches comme navettes aériennes ». Autrement
dit, chaque atterrissage sur votre repas est un possible débarquement de
passagers indésirables.
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| Une mouche qui dépose ses microbes |
Parmi
ces microbes, on retrouve des “classiques” bien connus comme la
salmonelle ou E. coli. Mais les chercheurs ont aussi détecté des agents
pathogènes plus costauds, tels qu’Helicobacter pylori (responsable
d’ulcères) ou Proteus mirabilis (à l’origine d’infections urinaires). De
quoi rappeler que ces bestioles ne sont pas si innocentes qu’elles en
ont l’air.
Et
ce n’est pas tout. Une autre étude, menée par John G. Stoffolano,
spécialiste des insectes, révèle que lorsqu’une mouche se pose sur votre
repas, elle ne fait pas que prendre un selfie aérien. Elle régurgite
une mini-dose de salive pour ramollir la nourriture. Chic, non ? Sauf
que cette salive contient tout un stock de microbes accumulés dans son
jabot, une sorte de réservoir biologique. Si la mouche, elle, s’en sort
sans problème, nous, humains, ne sommes pas logés à la même enseigne.
Faut-il
paniquer et jeter son assiette dès qu’une mouche s’invite au menu ? Pas
vraiment. Si l’insecte se pose juste quelques secondes, le risque reste
limité. Dans le doute, enlevez simplement la partie du plat touchée.
Pas besoin de sacrifier tout votre repas pour un simple passage éclair.
L’essentiel, c’est de rester vigilant et de ne pas offrir aux mouches
une place VIP à table.
Source : Marmiton



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