L’affaire Epstein revient hanter la scène politique américaine et Donald Trump tente encore de sauver sa peau en désignant d’autres responsables.
Trump pointe du doigt Bill Clinton, Larry Summers, Reid Hoffman et tout un cercle de noms influents, persuadé que s’il coule, il ne coulera pas seul. Il affirme que beaucoup de ces hommes auraient passé un temps conséquent avec Epstein, comme si l’agenda mondain du milliardaire constituait soudain la preuve ultime. Pendant ce temps, Pam Bondi promet une enquête exemplaire et confie l’affaire à Jay Clayton, un ancien haut responsable nommé par Trump. De quoi donner à l’enquête un parfum de neutralité tout à fait discutable.
La situation devient encore plus ironique lorsque l’on se rappelle que le ministère de la justice et le FBI avaient déclaré en juillet ne rien avoir trouvé qui justifie l’ouverture de nouvelles poursuites. Ils ne souhaitaient pas non plus rendre publics les documents internes liés au dossier. Une décision qui avait rendu furieux les partisans de Trump, toujours persuadés que tout silence administratif cache un complot de dimension cosmique. Aujourd’hui, les mêmes réclament la transparence absolue, sauf lorsque cette transparence risque d’inquiéter leur champion.
Pendant sa campagne, Trump avait promis des révélations tonitruantes sur Epstein, mais une fois revenu au pouvoir, il avait discrètement rangé cette promesse dans un tiroir verrouillé. À présent, il accuse les démocrates de manipuler l’opinion et s’en prend aux républicains qui veulent la publication des documents. Une proposition de loi demandant cette publication doit être examinée prochainement et les victimes d’Epstein supplient le Congrès de la valider pour que la vérité cesse d’être une énigme nationale.
L’affaire reprend de la vigueur suite à la réapparition de courriels attribués à Epstein. Certains messages laissent entendre que Donald Trump aurait été informé des agressions sexuelles commises sur des mineures et qu’il aurait même passé plusieurs heures avec l’une d’elles. Trump dément avec la force de quelqu’un qui espère que plus personne n’aura l’idée d’aller vérifier les archives. Bill Clinton nie tout aussi vigoureusement et accuse l’opposition d’exploiter ces documents pour masquer des échecs électoraux.
Larry Summers garde le silence. JP Morgan, de son côté, a déjà versé 290 millions de dollars pour éviter un procès médiatique, tout en assurant n’avoir jamais aidé Epstein à commettre ses actes. Ce dernier attirait des mineures dans ses résidences, sous couvert de massages, avant de les agresser sexuellement avec la complicité de Ghislaine Maxwell. Il est mort en prison en 2019, officiellement par suicide, même si une grande partie du public est persuadée qu’il a été éliminé avant d’avoir pu parler.
La question reste de savoir si cette affaire fera tomber tout un pan de la haute société américaine ou si tout finira dans un discret circuler il n’y a rien à voir, comme cela arrive si souvent lorsque des personnalités puissantes sont impliquées. Entre les dénonciations sélectives, les dénégations prévisibles et les documents que tout le monde veut voir sans jamais les obtenir, l’affaire Epstein reste une bombe politique qui explose au ralenti. Elle pourrait balayer plusieurs réputations ou disparaître comme tant d’autres scandales servis froids, enterrés avant même d’avoir révélé le moindre secret gênant.
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